La France est le pays où le stock de logements, rapporté à la population, est le plus élevé de toute l’Europe de l’Ouest. La construction neuve y est plus dynamique que dans les pays voisins et deux fois plus dynamique que la moyenne européenne (en 2013, 6 logements neufs pour 1 000 habitants, contre 3 en Allemagne et 2,5 au Royaume-Uni).

Après une contraction due à une forte activité du marché immobilier au début de la décennie 2000, le nombre de logements vacants ne cesse de s’accroître depuis 2005. Selon l’Insee, 2,8 millions de logements seraient vacants en 2015, ce qui équivaut à 8% du parc total. Les territoires ruraux ne sont pas les seuls à être touchés : des trente premières agglomérations françaises, seule Rennes affiche un taux de vacance inférieur à la moyenne nationale (7%). Le taux de logements vacants atteint 13% dans certaines villes du sud comme Nice ou Perpignan. La hausse du taux de vacance au cours des années récentes invalide l’idée d’une pénurie quantitative globale de logements. Il conviendrait toutefois de s’interroger sur les conséquences de la loi ALUR et les éventuelles rétentions des propriétaires. De même, les propriétaires dans certaines villes petites ou moyennes où règne un excès de logements vides voient d’un bon œil les dispositifs tels la GUL ou VISALE, et cette attitude est soutenue par certaines associations de propriétaires sans voir que le coût explosif de ces dispositifs retombera un jour ou l’autre sur les propriétaires.

Enfin, si le manque de logements était avéré, on aurait dû observer un accroissement du nombre de personnes par logement. Or c’est le contraire qui s’est produit : la taille moyenne des ménages a diminué de 18%, passant de 2,8 au début des années 1980 à 2,3 en 2013.